Changer de vie professionnelle c'est possible même à 50 ans !

16 Oct 2017

FoxRH a rencontré Mireille Garolla, auteur de l'ouvrage Changer de vie professionnelle : C'est possible en milieu de carrière aux éditions Eyrolles.

Elle nous fait le plaisir de répondre à quelques questions pour comprendre comment appréhender un changement de carrière et en faire une réussite.

 

 

Qu’est ce qui vous a donné envie de rédiger cet ouvrage ?

 

Je me suis moi-même trouvée plusieurs fois dans ce type de situation. Il s’agissait de changer de fonctions, de changer de pays, de changer complètement d’environnement professionnel ou de se lancer dans l’entrepreneuriat. Je me suis alors aperçue qu’il était difficile de savoir comment arbitrer sur ce type de prise de risque.

A chaque changement j’avais l’impression d’une approche « tout ou rien » sans méthode pour vivre sereinement ce type de transition.

 

Pouvez-vous nous éclairer sur ce que vous appelez la « signature professionnelle » ?

 

Au bout d’un certain nombre d’années d’expérience professionnelle, principalement dans des situations de management, une personne ne s’appuie plus sur les compétences techniques (finance, commercial, marketing, ingénierie…) qui lui ont permis de tracer son début de carrière. Elle est devenue un manager généraliste et il devient important de savoir de quelle manière elle exerce cette fonction.

 

La signature professionnelle correspond à un concept plutôt anglo-saxon qui prend en compte les éléments de savoir-faire et de savoir être en les reliant au contexte professionnel dans lequel ils ont été exercés. Par exemple si vous avez fait de la direction financière, l’avez-vous fait dans des start-ups en phase de très forte croissance, de sociétés de service en phase de décroissance, de boites industrielles ayant à se repositionner face à la mondialisation…la façon dont vous exercerez vos fonctions et les challenges que vous y aurez expérimentés ne sont en aucun cas comparables.

 

Lorsque l’on place cette signature dans un contexte de motivation et d’appétence pour le futur, on obtient alors un outil de repositionnement puissant.

 

Pour réussir une transition professionnelle, vous conseillez de partir à la recherche du soi, et avant tout d’être bien dans sa tête, dans sa peau. Une fois cette connaissance de soi acquise quels facteurs permettront de réussir sa reconversion ?

 

Deux facteurs sont particulièrement importants.

 

Tout d’abord l'envie de faire quelque chose de nouveau, non pas seulement parce que le secteur nous fait rêver, (le luxe, le coaching, l’entrepreneuriat par exemple sont des secteurs très populaires aujourd’hui et attirent beaucoup de monde), mais surtout parce que l’on aura compris quels sont les drivers de l’activité que l’on cherche à embrasser, ou dans laquelle on cherche à se reconverti. Dans le coaching par exemple, le driver est bien sur la volonté de « se mettre à la place » de et « d’assister », mais un driver encore plus grand est la capacité de la personne à s’exposer et à faire du commercial, ce que très peu de personnes qui se lancent sont prêtes à faire.

 

Le second facteur qui est également important est la confrontation au principe de réalité. Une approche réseau correctement construite vous permettra de valider la vision que vous avez de vous-même et l’adéquation que vous pensez avoir sur un secteur ou sur une fonction. Cela vous permettra également de savoir quels sont les challenges du secteur que vous devez adresser. Si vous ignorez cette étape, vous avez toutes les chances de rater la différenciation de votre offre de valeur par rapport à la concurrence déjà installée. N’oubliez pas que si vous souhaitez vous reconvertir, cela signifie que vous arriverez dans une fonction ou un domaine où de nombreuses personnes se sont installées.

 

Comment oser se lancer dans un tel projet alors qu’aujourd'hui la majorité des salariés, quelque soit leur âge, mais surement plus après 40 ans, redoute le fait de quitter leur emploi et de se lancer dans une certaine forme d’inconnue ?

 

Bien sûr oser se lancer dans une réorientation professionnelle est quelque chose de très risqué. Néanmoins la démarche enclenchée lorsque l’on se pose ce type de question est probablement la plus saine qu’un individu puisse faire après 10, 15, 20, 25 ou même 30 ans de carrière. En effet, le questionnement consiste à savoir s’il y a un « bon fit » entre ce que vous faites et la vision que le marché a de votre apport.

 

Ne pas faire cette vérification de façon régulière peut vous amener à vous retrouver un jour « hors poste » alors que vous ne vous y attendiez pas ; ce qui représente à mes yeux le plus grand des dangers.

 

Comment « vendre » une reconversion professionnelle auprès des employeurs. Quels conseils donneriez-vous à ces quadras qui en rêvent, pour réussir ce projet ?

 

Pour pouvoir être vendue auprès des employeurs, 3 conditions doivent absolument être réunies :

  • Montrer que la reconversion a été choisie et surtout pas subie,

  • Faire la démonstration que la façon dont vous allez exercer votre nouvelle activité va bénéficier de l'expérience professionnelle que vous aviez précédemment…preuves et exemples à l’appui,

  • Ne pas hésiter à solliciter les employeurs sans attendre qu’ils viennent vous chercher (car vous ne ferez probablement pas partie de leurs cibles de recrutement ).

 

Dans votre livre, on peut lire, entre autre conseils, qu’il ne faut pas : remettre à jour son CV, faire appel au réseau, à un chasseur de tête, répondre aux annonces. Pouvez-vous nous en dire plus ?

 

La remarque s’applique uniquement au début de la recherche.

 

En effet, pour quelqu’un qui chercherait à quitter son employeur en étant en poste ou alors qu’il vient juste de sortir de son entreprise, cela équivaudrait à rechercher son « travail de demain » avec les outils qu’il a utilisés la dernière fois qu’il a cherché un poste. C’est complètement inadapté.

 

Se mettre directement en recherche sans être passé par une étape de questionnement préalable me semble dangereux et très néfaste en terme d’image.

 

Envoyer un CV qui est une succession de tâches et d’objectifs réussis sans savoir quelle est la cible que l’on cherche à atteindre me semble être une démarche qui s’apparente à de la négligence. Un CV se doit d’être construit, pas par rapport à une offre d’emploi, mais pour mettre en valeur le professionnel que vous êtes aujourd’hui.

 

Un dernier mot pour conclure ?

 

Envisager cette démarche de façon sérieuse n’est en aucun cas une prise de risque.

Certains d’entre vous iront jusqu’au bout et changeront de vie professionnelle, d’autres ne quitteront pas leur poste.

Par contre, s’ils décident de rester, ils l’aborderont d’une autre manière, très fréquemment porteuse de réussite future.

 

 

 

Mireille Garolla
Associé Gérant Group’3C
www.group3c.net

Partager sur Facebook
Partager sur Twitter
Please reload

Notre selection
Please reload

Nos articles les plus lus

"La maitrise de la voix est un formidable vecteur de bien être&qu...

La transformation digitale n'est pas une question d'outils mai...

Le coworking : une nouvelle manière de travailler ?

"Ce boulot est pour moi" ou comment réussir à décrocher le j...

Grande enquête RH : la place des femmes dans la fonction RH

Interview : Comment recruter sans discrimination ?

1/1
Please reload