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En quoi la crise sanitaire a fragilisé la santé mentale des collaborateurs ?


En quoi la crise sanitaire a fragilisé la santé mentale des collaborateurs ?

Dans cet article, Preventech consulting nous partage leur expertise sur l'impact de la crise sanitaire sur la santé mentale des collaborateurs d'une entreprise.

Sommaire :


  1. L'impact de la crise sanitaire touchent tout le monde.

  2. Le télétravail encore timide ?

  3. L’absence de limite claire entre l’espace travail et l’espace personnel.


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1) L'impact de la crise sanitaire touchent tout le monde.


Tout d’abord, il est important de souligner que, dans les organisations, les collaborateurs ne sont pas les seuls à avoir subi l’impact de la crise sanitaire. On doit aussi prendre en compte les difficultés des managers, qui eux-mêmes répondent à une hiérarchie. Leur position entre « le marteau et l’enclume », comme on les entend souvent dire, n’est pas du tout évidente, surtout dans les périodes de changement, de plan social, de surcharge, et à plus forte raison pendant la crise sanitaire.


Une de leurs missions est de prendre soin de leurs équipes, de les guider, de les aider à s’adapter, tout en devant répondre à de fortes exigences de productivité. Ils prennent beaucoup sur eux pour tenir cette équation qui peut devenir parfois paradoxale. Un thème nouveau dans la littérature en psychosociologie clinique, c’est « la solitude des managers ». Ceci est corroboré par le sondage de Malakoff Humanis publié le 9 septembre 2021 et qui souligne que « la proportion d’arrêts de travail chez les managers au premier semestre 2021 est supérieure à celle des autres salariés », épuisés par des mois de crise sanitaire.


Tout cela pour dire que la crise sanitaire a fragilisé la santé mentale de tous. Bien entendu, d’un secteur à l’autre, c’est variable, selon que les entreprises ont pu continuer à fonctionner ou pas. Toujours selon le sondage de Malakoff Humanis, quatre salariés sur dix (41%) estiment que la crise sanitaire a eu un impact négatif sur leur santé mentale et « près d’un salarié sur dix (9%) estime être en mauvaise santé mentale ».

2) Le télétravail encore timide ?


Contrairement aux anglo-saxons qui l’ont intégré depuis longtemps, en France, le télétravail est entré de force dans les mœurs, alors qu’il restait jusque-là une exception, et bien souvent une source de méfiance : « les gens travaillent-ils vraiment loin de tout contrôle ? », c’est une question qui se posait facilement. Or c’est le télétravail qui a été le vecteur principal de cette incroyable bascule dans l’organisation du travail.


Les avis sont bien-sûr divergents : il y a des points très positifs, comme une meilleure marge de manœuvre et une autonomie positive, un allègement de la fatigue par la suppression des temps de transport, un rapport plus équilibré temps professionnel / temps privé, une qualité accrue dans les conditions de travail. Dans certains cas, cela a pu générer une meilleure productivité, de bons chiffres. J’ai même pu constater, au cours des audits que j’ai menés, que les gens travaillaient plus ! Le temps de transport disparu, qui aurait pu être remplacé par des loisirs, la pratique d’un sport, etc, était souvent considéré comme une aubaine pour avancer encore le travail.

3) L'absence de limite claire entre l’espace travail et l’espace personnel.


Là, on touche un des points négatifs : l’absence de limite claire entre l’espace travail et l’espace personnel. Le fait de se préparer le matin ou le temps de transport représentait pour certains un sas nécessaire entre la maison et le bureau. Y compris le soir au retour. En télétravail, les espaces se chevauchent facilement. Le présentéisme est devenu invisible. Par ailleurs, la configuration des lieux de vie est cruciale. Ceux qui avaient des surfaces habitables réduites, et/ou avec des enfants dont il fallait suivre la scolarité, ont beaucoup souffert de cette situation à la limite de l’intenable. D’autres, qui vivent seuls, se sont sentis complètement isolés et privés de liens sociaux qui les nourrissaient.


Pour les managers, les premiers mois d’adaptation ont été éprouvants : inquiets de ne plus être en contact direct avec leurs équipes, de perdre le lien humain et spontané, la facilité de pouvoir toquer à une porte, s’attarder à la machine à café, pour évoquer un problème, demander du soutien, repérer les personnes en difficulté, motiver, tout cela a demandé d’énormes efforts d’adaptation et d’ingéniosité. Mais cela a aussi permis d’inventer de nouveaux process, une nouvelle manière de travailler ensemble et d’organiser le travail, ou de communiquer, brisant parfois des inhibitions. Evidemment, même si le télétravail présente plein d’avantages, s’il peut avoir lieu dans de bonnes conditions, les gens ont aussi fortement ressenti le manque d’échanges en présentiel, une soif de lien social spontané.




Pour conclure sur ce point, en général, la crise sanitaire a fragilisé la santé mentale. Ce n’est pas seulement lié aux conditions de travail qui ont été bousculées, mais à l’ambiance fortement anxiogène entretenue en permanence par les médias et les discours officiels autour du comptage quotidien du nombre des morts, et surtout à notre découverte de l’incertitude, alors que nous pensions vivre dans un monde où tout était plus ou moins maîtrisé, voire maîtrisable. Nos sociétés post-industrielles sont entrées dans l’emprise de la peur de la mort. On a désappris à l’apprivoiser et à cultiver nos forces vitales, notre immunité, notre confiance dans la vie. C’est à mes yeux ce qu’a révélé cette crise sanitaire. Notre extrême peur de la mort qui peut aller jusqu’à conditionner notre manière de vivre. La prévention, c’est pourtant la base. Je suis bien placée pour le dire en tant que psychosociologue clinicienne. La médecine chinoise le prouve efficacement depuis 3000 ans.

Le philosophe Paul Ricoeur, dans son ouvrage Soi-même comme un autre (1990), définit la souffrance non pas uniquement par la douleur physique ou mentale, mais par la diminution, voire la destruction de la capacité d’agir, de pouvoir faire, ressentie comme une atteinte à sa propre intégrité. « La souffrance est une impuissance à dire, à faire, à raconter, à s’estimer ». Que ce soit dans le contexte des organisations ou celui de la crise sanitaire, c’est un message à entendre. Il faut gérer les urgences, c’est évident, mais n’oublions pas d’être vivants !

© Sandrine CHENIVESSE (Preventech consulting)

Preventech Consulting préconise de veiller à bien respecter ses points suivants pour mieux prévenir les risques psychosociaux et les problématiques inhérentes à l’employeur.


1. Actualiser régulièrement son document unique

2. Faire un diagnostic des risques psychosociaux

3. Mettre en place une organisation adaptée

4. Prévoir des actions de formation

5. Sensibiliser les managers et les collaborateurs

6. Recourir à des prestataires extérieurs pour la gestion des conflits

7. Prévoir un référent et des procédures internes


Pour plus d’infos, nous vous invitons à lire notre 360° sur la prévention des risques psychosociaux.



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