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S’épanouir en temps de crise : 21 techniques de psychologie positive


S’épanouir en temps de crise : 21 techniques de psychologie positive

"S’épanouir en temps de crise : 21 techniques de psychologie positive", Thierry Nadisic répond à nos questions dans cette nouvelle interview.



Sommaire :

  1. Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire ce livre ?

  2. Quel est votre définition de l’épanouissement ?

  3. Les techniques abordées fonctionnent-elles sur chaque personnalité ?

  4. Avez-vous un exercice à réaliser en équipe afin de travailler son optimisme au travail ?

  5. D’après vous, la crise sanitaire a-t-elle été nécessaire à certaines personnes pour se rendre compte de l’importance du bien-être psychologique ?

  6. Si vous deviez choisir qu’une seule technique ? Pourquoi ?

  7. Un conseil pour terminer ?


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1) Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire ce livre ?


Dans les domaines du développement de soi et du management, un livre est toujours aussi une aventure personnelle. Les 21 techniques issues de la recherche en psychologie que je présente pour s’épanouir dans la vie personnelle et au travail, je les ai expérimentées.


D’abord sur moi car je me rendais bien compte que je pouvais vivre autrement : mieux me connaître et éviter de répéter les mêmes erreurs (par exemple j’avais une tendance à la suractivité), être en lien plus satisfaisant avec les autres (après mon divorce je me suis rendu compte que j’avais du travail à faire), et aller vers mes buts de vie (pour moi notamment : m’approfondir, faire de la recherche sur les comportements humains, écrire, former et accompagner).


Ensuite sur les autres en tant que professeur à emlyon : j’ai construit, dirigé et animé des parcours de formation (notamment un certificat 100% en ligne « épanouissement et leadership »). Cela m’a permis de tester, valider, améliorer ces techniques en en faisant profiter les personnes qui participaient à ces formations. J’ai pu me rendre compte de l’impact important, favorable et durable qu’elles avaient sur la qualité de vie des participants.


Le livre consiste à partager avec le plus grand nombre ces techniques applicables tous les jours en montrant, avec l’aide de témoignages, comment elles peuvent être pratiquées.


2) Quel est votre définition de l’épanouissement ?


C’est une manière d’avancer plus qu’un état. C’est un arbre en bonne santé dont les branches s’élancent vers le ciel ou c’est vous lorsque vous entreprenez un voyage : il y a les préparatifs, l’objectif, la coordination avec les autres, le cheminement, la découverte, la réalisation et lors de toutes ces étapes vous vous rendez compte que le but c’est aussi le chemin.


S’épanouir, ce n’est pas être positif, c’est plutôt réaliser son potentiel un peu tous les jours : connaître ses forces et son obscurité, leur faire plus de place, apprendre à « résonner » avec les autres et trouver une voie qui nous convient pour nous engager pleinement.


3) Les techniques abordées fonctionnent-elles sur chaque personnalité ?


Certaines techniques fonctionnent très naturellement tout de suite pour certaines personnes : par exemple si vous êtes contrôlant et intellectuel, la technique ABCDE, qui permet de voir ses biais de réactions répétitifs et de les corriger, va vous plaire, alors que si vous savez lâcher prise et êtes plutôt dans le ressenti, les techniques de l’acceptation et de la pleine conscience vous seront plus accessibles.


Mais après avoir expérimenté ce qui nous est le plus facile, il est intéressant d’aller vers son inconfort : les techniques qui semblent plus loin de nous sont aussi celles qui présentent un plus fort potentiel de développement.


4) Avez-vous un exercice à réaliser en équipe afin de travailler son optimisme au travail ?


Toutes les techniques fonctionnent individuellement et donnent d’encore meilleurs résultats en groupe. Réaliser ces exercices en famille, dans un groupe d’amis ou une équipe de travail aide à être soutenu, à avancer avec régularité, à avoir des retours constructifs, à ne pas lâcher, à obtenir l’énergie positive de la reconnaissance pour les progrès réalisés.


Pour l’optimisme spécifiquement, le développer passe par le fait de se rendre compte qu’on a la main beaucoup plus souvent qu’on le croit. Les situations se laissent travailler pour peu qu’on essaie, qu’on fasse même seulement un petit pas. Vous apprenez qu’on veut fermer votre service. Vous avez peur de réagir violemment. Dire que vous êtes surpris par la manière de communiquer, en colère parce que ce projet ne rend pas justice au travail réalisé et triste et frustré parce qu’il y a un potentiel de création de valeur qu’on n’a pas vu est une première action utile. Cela permet de décharger votre tension de façon responsable, d’envoyer un signal de désaccord clair et de vous mettre en situation de réagir avec maîtrise et pertinence. Vous pouvez alors plus facilement actionner tous les leviers possibles au service de votre but.


Cela revient à développer ce que l’on appelle la puissance acquise. Des expériences ont montré que selon le contexte et les expériences vécues on pouvait souvent avoir acquis de l’impuissance sans s’en rendre compte. On se met en retrait, on se protège, on râle à la machine à café, on met beaucoup d’énergie à se justifier, on voit tout ce qui empêche d’avancer. Alors que de petites actions peuvent permettre de changer la situation.


Travailler son optimisme en groupe peut simplement consister à présenter une situation difficile et ses ressentis associés puis de laisser les autres personnes nous poser des questions pour qu’on voit les choses d’une façon nouvelle. Ecouter leurs retours et suggestions permet aussi de retrouver le chemin de la puissance acquise.



5) D’après vous, la crise sanitaire a-t-elle été nécessaire à certaines personnes pour se rendre compte de l’importance du bien-être psychologique ?


Si on avait pu l’éviter tout le monde s’en serait mieux porté. Cela dit, comme dans toute crise, il y a un effet de mise en nouvelle perspective de son quotidien : c’est l’effet « poisson qui se retrouve hors de l’eau ». On peut alors mieux se rendre compte de l’importance de ce qu’on tenait pour acquis et qui nous faisait du bien, comme les relations amicales, ou au contraire de tout ce qu’on faisait d’inutile voire de nocif et qu’on ne parvenait pourtant pas à arrêter, comme le fait de ne jamais se laisser profiter de moments pour soi. Il y a cette prise de conscience qu’on peut renforcer des ressources qui sont bonnes pour soi ou basculer pour ne plus se retrouver à subir des situations défavorables.


Le risque bien sûr c’est, une fois la crise passée, d’oublier ce moment et de ne pas se donner la chance de changer. Appliquer régulièrement quelques techniques choisies peut aider à ancrer cette conscience et à s’en servir pour ne pas se retrouver dans les mêmes difficultés.



6) Si vous deviez choisir qu’une seule technique ? Pourquoi ?


J’aime bien la première technique présentée dans le livre. Elle résume à elle seule beaucoup d’avantages. Elle consiste simplement, chaque jour pendant plusieurs jours, de prendre dix minutes pour écrire sur vos meilleurs souvenirs du passé. C’est étonnant les effets qu’a un exercice aussi simple que celui-là.


C’est le même mécanisme qu’utilisent beaucoup d’auteurs de romans dans leur travail. Même si là, il ne s’agit pas d’écrire en se déguisant pour emporter les autres dans l’émotion de la lecture. Il s’agit plutôt de s’emplir à nouveau de ce qui est bon dans notre vie, de nous rappeler ce qui est important, de retrouver notre enracinement, de trouver le chemin vers une énergie qui est toujours là et de repérer ce qui va pouvoir jaillir à nouveau à partir de là pour le présent et l’avenir. C’est un peu comme si vous retrouviez votre premier amour sur les réseaux sociaux et que vous décidiez d’entrer en conversation ensemble. A la différence près que là, vous le faites avec vous-même, et c’est encore plus épanouissant.


7) Un conseil pour terminer ?


Ecoutez plus souvent et plus sérieusement l’une de vos voix intérieures, mais attention à bien la choisir, il y en a plusieurs. Evitez celle qui vous dit « le plaisir, il n’y a que ça de vrai, fonce ! ». Et ne croyez plus celle qui vous dit depuis l’enfance « sois parfait », ou « si ça ne marche pas c’est parce que tu es nul, alors tu dois faire encore plus d’efforts ». Cherchez plutôt votre petite voix douce, aimante, qui vous parle avec compassion comme le ferait un ami bienveillant. Ecoutez ce qu’elle a à vous dire. Et voyez ce qui se passe alors.





Nadisic T., S’épanouir en temps de crise : 21 techniques de psychologie positive, 2021, Ed. Eyrolles

Une interview de Thierry Nadisic, professeur à emlyon business school, par Tiphaine Rabolt pour FoxRH.







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